Me revoilà!! bah...j'ai replongé au fin fond du gouffre... JE SUIS RÂLEUSE, SAUVAGE, RANCUNIERE, PARFOIS TIMIDE, TOUJOURS EN TRAIN DE CRITIQUER…Je le savais et on me l’a confirmé aujourd’hui, à la récré de 16h. M., A. et T. l’ont fait. Elles m’ont demandé pourquoi j’étais comme ça…Quand j’étais au primaire, j’avais rien ni personne. J’étais rien à part une ombre bête et conne. J’ai toujours longé les murs en tant qu’handicapée, « fille aux p’tits doigts », laide (je ne citerai pas celle qui m’a dit ça), nulle, cancre…J’ai toujours haïs les profs du primaire, sans exception, au plus profond de moi-même. Ils n’ont jamais eu la moindre goutte d’espoir et de satisfaction pour moi. J’ai fait des choses et j’en suis pas forcément fière. J’avais pas vraiment de potes. Au primaire, où ça a été un vrai enfer, j’ai toujours couru la main gauche dans ma poche. Il fallait toujours que je m’attire des ennuis, aussi bien à l’école qu’à la « maison ». La famille...je ne ressens rien pour elle et c’est loin d’être hyper important pour moi. Il y a plein de choses que je ne pourrai raconter. Il y a des choses qu’on n’oublie pas et moi, je me souviens encore. Même ces petites phrases qui transpercent le cœur tel un pieu. Sans doute que j’ai une mémoire d’éléphant. J’ai eu droit à des « J’ai pas besoin de toi ! » plus un stylo dans la gueule, un « Me regarde pas comme ça ! De toute façon, t’es laide ! »…Je ne citerai pas le nom de cette personne de la « famille ». J’ai reçu des baffes, des coups de ceinture (ma jambe a même saigné, un jour). J’ai eu aussi l’honneur d’être étranglée par cette prof inhumaine et barbare en CP. Peut être qu’elle ne se souvient pas, mais moi si. J’étais celle qui se blottissait contre la porte ou son lit. Je hais la « famille » et l’enfance que j’ai eue. Ils croient que cette enfance s’est bien passée, mais chacun sait que ça n’a jamais été le cas. En grandissant, j’ai coupé les ponts. J’ai renié tout ça mais chaque seconde, chaque minute, chaque heure, chaque jour, tout revenait me hanter. Personne n’a jamais compris pourquoi C. et moi avons cette vision des choses. Pourquoi nous détestons tant la « famille » et l’enfance que nous avons vécue. C’est pourtant très simple. Quand M., A. et T ont commencé leur « discours », j’avais tout de suite deviné d’avance ce qu’elles avaient à me dire. Ca m’a, je l’avoue, d’une certaine façon, aidé un peu. Il y a des choses, plein de choses, qu’on n’oublie pas. Et moi, je me souviens de tout. Images, paroles…TOUT. Quand j’aurai, j’espère que ça va être le cas, un môme, je voudrai juste lui dire, s’il me demande pourquoi j’ai coupé les ponts avec la « famille », "Je veux juste t'offrir la vie que je n'ai jamais eue". Référence spéciale à "Mockingbird" d'Eminem auquel j'arrive à m'identifier parfois. Si quelqu'un lit ça, il croira et dira que ce sont « juste des problèmes d’adolescents » et des « petits trucs de rien du tout » mais ce sont ces petits trucs qui font de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Et aujourd’hui, me voilà. 14 ans et 6 mois et 13 jours plus tard. J’ai essayé de changer. De ne plus être celle que j’avais été avant. Parce que celle d’avant était tout ce que personne n’aurait désiré. J’ai essayé. Et aujourd’hui, rien, en vérité, n’a changé. J’ai tout renié pourtant. J’ai renié l’enfance, le passé…TOUT. Rien n’a changé…NON, pas tout à fait. Ils ont eu beau me booster, m’envoyer au catéchisme de merde et me forcer à bosser. En vain. Et je me suis relevée, toute seule. J’emmerde tous ces profs du primaire qui ont dit que j’irai pas loin à l’école ! Aujourd’hui, j’ai plus de contacts avec la « famille » en dehors des grandes occasions, genre les fêtes de familles à la noix, et je m’en réjouis. En cours d’histoire, cet aprem, Toinette, Patty et Lita ont tout de suite senti que quelque chose n’allait pas. Lita m’a donné deux bonbons et il m’a demandé, plusieurs fois, le problème. Et j’ai répondu que c’était rien. M., A. et T. m’ont dit que si je ne leur disais pas le fond du problème, elles pourraient pas m’aider. Mais moi je pense que personne ne peut m’aider, personne. Autant être honnête. J’ai toujours fait ce qu’on m’a dit de faire, j’ai toujours cru à tout, on m’a marché dessus malgré mes crises de rage. Aujourd’hui, tout ce que je veux c’est MA REVANCHE. Sociable ou pas, sauvage ou non, j’en n’ai strictement rien à battre. Je veux juste MA REVANCHE. Il y a des choses qu’on n’oublie pas et, moi, je me souviens de tout…J'ai replongé...C'est comme la drogue...
ANONYME
Mon nom n’est plus EYES mais tout simplement ANONYME…